Les fournisseurs européens ont une raison de plus d'étudier les chiffres de Mercedes en Chine. Après une chute de 31 % des ventes de la marque sur le marché chinois, le PDG Ola Källenius a déclaré que Mercedes s'approvisionnerait « en presque tout » en Chine pour sa production chinoise, à commencer par la Classe E électrique au second semestre 2027. Pour les équipementiers d'Europe centrale et orientale, l'implication est brutale : le contenu des véhicules destinés au marché chinois sera de plus en plus acheté sur place, et non dans les usines européennes.
Cet engagement d'approvisionnement prolonge d'un cran le recentrage stratégique dont nous avons récemment parlé. BMW, Mercedes, VW et Volvo misent sur le développement local et la technologie chinoise à mesure que leurs concurrents nationaux gagnent des parts de marché, rapporte Automotive News — mais les analystes se demandent si ces stratégies restaureront le pouvoir de fixation des prix des Européens. Un doute qui finit par peser aussi sur les marges des fournisseurs.
L'image en miroir est tout aussi inconfortable pour les équipementiers d'Europe centrale et orientale. Selon le Council on Foreign Relations, les exportations chinoises vers l'Europe sont freinées par un patchwork d'outils de défense commerciale — mais il n'existe aucune politique standard garantissant que les opérations d'assemblage chinoises en Europe utilisent des pièces européennes. Alors que les constructeurs chinois localisent leur production dans la région — la première usine européenne de Great Wall Motor est prévue à Bahovitsa, près de Lovech, où le partenaire local Bulgarian Automotive Industry a repris le site — les fournisseurs locaux n'ont aucune part garantie de la nomenclature des pièces.



