La seule chose qui manque ostensiblement à l'usine BYD de Szeged, c'est l'argent. Le gouvernement hongrois avait promis d'importantes subventions d'État pour la construction de l'usine du constructeur chinois dans cette ville du sud du pays, mais aucun contrat valide concernant le versement de ces fonds n'a été signé — alors même que le site fonce vers son démarrage de la production en série prévu fin 2026. Pour un projet présenté comme une vitrine de la politique industrielle hongroise, l'écart entre la promesse et les documents devient de plus en plus difficile à justifier.
Le calendrier ne pourrait guère être plus délicat. Sous son ancien dirigeant, la Hongrie s'était positionnée comme un pôle européen de la chaîne d'approvisionnement en batteries, en courtisant des entreprises chinoises et sud-coréennes qui ont ensuite implanté des usines fabriquant des composants pour véhicules électriques. Aujourd'hui, une recomposition post-Orbán traverse l'industrie automobile du pays, et la question de savoir qui paiera réellement le projet phare de cette stratégie revêt une dimension politique plus aiguë.
La tension est déjà visible sur le terrain. À Debrecen, dans l'est de la Hongrie, l'usine de séparateurs de Semcorp — un maillon de la chaîne mondiale d'approvisionnement en batteries de véhicules électriques — entre dans son cinquième mois d'arrêt après que des analyses ont révélé des taux excessifs de métaux dans les eaux souterraines. Cette fermeture prolongée, qui s'inscrit dans une offensive contre le secteur des batteries ayant perturbé les chaînes d'approvisionnement des véhicules électriques bien au-delà des frontières hongroises, suggère que la patience environnementale autrefois accordée au boom des batteries du pays s'épuise.



