Belgrade a mis des siècles à bâtir sa réputation de carrefour, et peu d'industries éprouvent cette réputation plus durement que le fret. Lors d'une conférence cargo dans la capitale serbe, la Communauté des transports est montée à la tribune avec un message qui a réduit les ambitions de corridor de la région à une seule vérité inconfortable : aucun tronçon de voie ferrée, d'autoroute ou de quai ne décide seul si les marchandises arrivent à l'heure — c'est la chaîne tout entière qui en décide.

« La performance de la chaîne logistique tout entière compte plus que celle de n'importe quel tronçon pris isolément », a déclaré à l'auditoire le directeur de la Communauté des transports, Linkaits, appelant à une approche partagée du développement des corridors de transport qui rallie ministères et douanes dans un effort commun, plutôt que de laisser chaque acteur optimiser son propre pré carré. Le sous-entendu sautait aux yeux : une ligne ferroviaire ultramoderne ne pèse pas lourd si un poste de contrôle frontalier ou l'entrée d'un port devient l'endroit où les horaires vont mourir.

Le timing donne à ce message une véritable urgence. La forte baisse des ventes de voitures neuves sur le marché intérieur chinois a propagé des ondes négatives dans toute l'industrie mondiale — alors même que les constructeurs chinois intensifient activement leurs exportations vers d'autres pays. Pour l'Europe du Sud-Est, cela signifie davantage de véhicules et de composants à la recherche d'itinéraires fiables vers et à travers le continent, et les corridors qui relient en douceur rail, route et ports, de bout en bout, sont ceux qui rafleront le fret.