Les marques automobiles chinoises viennent d'accomplir l'une des hausses de part de marché les plus rapides du marché automobile européen moderne. En 2019, elles ne représentaient que 0,1 % du segment des voitures particulières neuves en Europe ; en 2026, ce chiffre atteint 8 %, selon des données rapportées par le média économique hongrois ProfitLine.hu — soit une multiplication par quatre-vingts en l'espace de sept ans.

Concrètement, huit voitures particulières neuves sur cent vendues en Europe portent désormais un badge chinois. Une croissance à ce rythme redistribue les calculs concurrentiels pour tous les autres : les constructeurs établis font face à une pression tarifaire accrue, les concessionnaires doivent évaluer quelles nouvelles franchises adopter, et le marché de l'occasion absorbera à terme une vague de véhicules de marques chinoises aujourd'hui vendus neufs. Ce qui n'était autrefois qu'une erreur d'arrondi est devenu une force structurelle.

L'endroit où cette dynamique se construit est tout aussi révélateur. L'analyse note que les marques chinoises prennent une place de plus en plus importante dans les flottes d'entreprise — traditionnellement l'épine dorsale des volumes du marché européen. Les décisions de flotte reposent sur le coût total de possession, les conditions de garantie et la couverture du service plutôt que sur la fidélité à un badge ; une traction dans ce segment laisse donc présager une expansion durable plutôt qu'un pic dicté par l'effet de nouveauté. Pour les constructeurs établis, les pertes côté flottes font doublement mal : d'abord en volume de voitures neuves, puis lorsque ces véhicules reviennent sur le marché de l'occasion en concurrence directe.