Quelque chose d'inhabituel s'est posé sur les parcs d'occasion croates : un compliment. Selon le dernier rapport de l'entreprise sur la qualité et l'état des véhicules d'occasion, la Croatie est entrée dans le top dix des pays où la qualité des voitures d'occasion importées est la plus transparente — un classement qui renverse l'une des plus vieilles certitudes du secteur. Les faux kilomètres, ce compteur kilométrique trafiqué qui hante les acheteurs d'occasion partout ailleurs, ne sont plus le problème en Croatie, conclut le rapport.

Cette distinction compte pour une raison simple : la Croatie n'est pas un acteur marginal dans ce business. Le pays figure parmi les dix premiers marchés de véhicules d'occasion, et les voitures importées en constituent le cœur même. Dans un segment où l'historique d'un véhicule est autant le produit que le véhicule lui-même, la transparence est devenue une monnaie forte — et le rapport suggère que les acheteurs croates voient de mieux en mieux exactement ce pour quoi ils paient. Pour les importateurs et les concessionnaires, cela change l'économie de la confiance : une voiture propre et vérifiable se vend désormais toute seule, ce qu'aucun coup de polish n'aurait jamais pu accomplir.

Le rapport ne s'offre pas pour autant un tour d'honneur. Son verdict s'accompagne d'un « mais » cinglant : les faux kilomètres ont peut-être perdu leur rôle vedette, mais autre chose a pris leur place comme prochain problème du secteur. Le message entre les lignes est inconfortable pour la profession — la bataille pour la confiance des acheteurs en Croatie n'a pas été gagnée, elle s'est simplement déplacée vers un nouveau front. Et quel que soit le prochain défi qui émergera, il devra être relevé par la divulgation et l'information, non par la dissimulation.