La taxe est restée. La peur, non. Le marché estonien des voitures neuves a réalisé cette année l'un des bonds les plus inattendus de la région, un expert soulignant que les ventes ont progressé de plus de 50 % — un rebond confiant que peu avaient vu venir, à une époque où la taxe sur les véhicules à moteur occupait encore les gros titres et inquiétait les acheteurs.

Les chiffres derrière ce changement d'humeur n'ont rien de modestes. Au cours des dix premiers mois de l'année, 16 384 véhicules neufs ont été immatriculés en Estonie, plaçant le marché à plus de 50 % au-dessus de son niveau d'il y a un an. Pour un petit marché balte, ce n'est pas du bruit statistique — c'est une demande bien réelle qui revient dans les showrooms, les bureaux de financement et les plannings de livraison.

Ce qui rend ce bond remarquable, c'est ce qui n'a pas changé. La taxe sur les véhicules à moteur reste bel et bien en vigueur ; rien n'a été abrogé, assoupli ni reporté. Les automobilistes estoniens ont tout simplement fait leur paix avec elle. Comme l'écrivait la presse locale, la taxe est restée et la peur s'en est allée — et les acheteurs qui hésitaient hier sont de retour chez les concessionnaires, prêts à signer le bon de commande.

Pour autant, l'histoire de la taxe est loin d'être terminée. Dès l'année prochaine, environ 86 000 véhicules dont l'immatriculation est suspendue en Estonie seront eux aussi soumis à la taxe sur les véhicules à moteur. Leurs propriétaires devaient décider avant le début du mois de novembre s'ils allaient les retirer du registre — une échéance qui vient tout juste de passer, et dont les répercussions traverseront le marché de l'occasion pendant des mois encore.

Pour toute la filière, l'Estonie est devenue une expérience grandeur nature en psychologie fiscale. Une taxe que l'on pensait largement de nature à freiner la demande a coïncidé avec un boom dès que l'incertitude initiale s'est dissipée. Concessionnaires, importateurs et recycleurs guettent désormais le chapitre suivant : ce que décideront de faire les propriétaires de 86 000 véhicules dormants — les mettre à la casse, les vendre ou passer à un modèle supérieur — pourrait dessiner le paysage balte de l'auto d'occasion pour les années à venir.

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